« Promets-moi que tu obéiras à tout ce que l’on te demandera. Sans poser de questions. Sans résister. Sans croire que réfléchir pourra t’aider. Contente-toi de sourire, de faire ce qu’on te dit. La seule chose plus importante que ton obéissance sera ta vie. L’air que tu respires. Promets-le-moi. »
Noriko est hāfu. Née d’une mère japonaise et d’un père étranger, elle vit cloîtrée dans le grenier familial malgré son jeune âge. Obéissance et silence sont ses mots d’ordre et ses journées sont rythmées par une étrange routine : des bains pour blanchir sa peau, des coups de peignes rageurs pour dompter ses boucles, et une cuillère en bois pour expier la honte. Jusqu’à l’arrivée de son aîné : son grand-frère Akira, l’héritier.
J’ai eu un coup de cœur pour cette fresque romanesque qui pointe du doigt les dessous peu reluisants d’une société qui masque ses travers sous un vernis de respectabilité et de raffinement. Dès les premières lignes, j’ai été immergée dans cette bulle à l’écart de la réalité de l’après-guerre au Japon. Une bulle qui pourtant n’éclate pas lorsque la cage s’ouvre, et qui se patine d’une étrange langueur tout au long de l’histoire. Une langueur qui forme un contraste saisissant avec les épreuves subies par Nori. Nori, cette enfant qui ne souhaite qu’aimer et être aimée, se laissera porter par son destin, et ses contradictions (issues de son éducation) reflètent de manière atypique le combat d’une société qui peine à équilibrer tradition et modernité. Cette fin déchirante me laisse un goût doux-amer en bouche. Je ne la voyais absolument pas venir, et pourtant, elle a pris tout son sens une fois que l’envie de brûler le livre (oui oui) m’est passée et que j’ai repensé au parcours de Noriko et aux personnages qui ont croisé sa route.
Êtes-vous tenté.es ? De mon côté j’ai hâte de découvrir ce que la collection #augrédumonde nous réserve!









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