Celles qu’on tue – Patricia Melo

L’Amazonie, aussi connue sous le nom de poumon du monde, est célèbre pour ses forêts luxuriantes et ses rivières foisonnantes. L’Acre, une région oubliée du Brésil, est l’une des portes d’entrée pour ce paradis verdoyant…

La narratrice, une jeune avocate, s’exile dans cette région pour répertorier les féminicides et les procès liés. Fascinée par la culture aborigène et cherchant à fuir ses propres fantômes, elle s’initie aux rituels ancestraux en s’aidant de l’ayahuasca, un puissant hallucinogène, qui l’aidera à surmonter les horreurs dont elle sera témoin. 

Chaque chapitre démarre par un fait divers : un féminicide. Elle voulait le quitter. Elle ne lui répondait plus. Elle a mal cuit les pattes. Tout commence par quelques paroles, puis une simple gifle… jusqu’à ce que l’irréparable, l’impardonnable, soit commis. Renforcé par une narration froide et factuelle, ce roman dénonce les violences à l’encontre des femmes ainsi que la banalisation des féminicides au sein d’une société corrompue.

Loin d’être facile, cette lecture est un brutal retour à la réalité, où le nombre de femmes battues et tuées dans le monde augmente de manière affolante. L’autrice a bâti un roman-témoignage où elle dénonce ces violences mais également la discrimination envers ces indigènes qui ne semblent pas compter.

Ballotée entre la violence des procès et l’envoûtement des rituels ancestraux, j’ai réalisé, en même temps que la narratrice, que les monstres pouvaient porter de bien beaux costumes… et qu’ils se cachaient soigneusement dans l’ombre de la sylve. La magie de l’Acre a rapidement été entachée de la violence quotidienne d’une région où les femmes semblent servir d’exutoire à la colère des hommes… 

Déroutante et perturbante, l’euphorie des rites s’est mêlée étrangement à la dure réalité de l’histoire, troublant mes certitudes de lectrice, suggérant des actes terribles, et reflétant une colère froide, qui progressivement m’a contaminée. 

Dans ce roman où l’impuissance semble omniprésente, ma beauté sauvage des forêts contraste durement avec la misère sociale ambiante et m’a laissé un goût doux-amer d’inachevé. Mais pas parce que la fin est inachevée, loin de la ! Tout simplement parce que malgré les moyens mis en place dans différents payés, les féminicides ne cessent d’augmenter… et continuent d’être traités comme de banals faits divers.

Malgré la violence qu’il abrite, ce livre, résolument engagé, est une pépite hypnotisante qu’il ne faut pas louper!

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Je m’appelle Alexia et je suis passionnée de lectures.

Je ne me cantonne pas à un genre particulier et j’adore sortir de ma zone de confort (RIP ma CB). Autant vous dire que depuis la création de mon compte « bookstagram » ma pile à lire devient monstrueuse, pour mon plus grand bonheur! Bonne visite !


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